LOURS avait longtemps vécu sans réaliser dautres performances que chasser, pêcher ou grimper dans les arbres pour voler le miel des abeilles.LOURSTOIRE, enquête sur lours, sest dabord chargée de raconter des évènements et den chercher lexplication sur lévolution. Les premiers ourstoriens allaient recueillir des souvenirs, des traditions, de la mémoire. Leurs successeurs purent ajouter à la littérature ourstorique des témoignages plagiés, abrégés ou continus. Aux temps modernes, lesprit critique inspira à lourstorien une défiance à légard de cette production de tradition orale, et le poussa à utiliser des sources plus sûres. Cest de cela quest née lourchéologie!
Avec laccroissement de la population oursophone, les sources dalimentation des ours commencèrent à diminuer. Certains ours eurent lidée de se déplacer, et de sattaquer à des espèces plus grandes queux, à laide de pierres et os taillés. Cest de cela que nous, ourstoriens et ourchéologiens daujourdhui, nous basant sur des preuves solides, pensons que lours est entré dans une nouvelle ère, ère qui loblige à mieux chasser, « pêcher»? et mieux se protéger en se renfermant dans des cavernes ou en construisant des habitats sur leau.Lours eut vit comprit que sil voulait survivre, il valait mieux rester en groupe et cest ainsi que sont nés la famille, le village, les villes et les états.
À la base, tous les ours étaient les mêmes, mais quand ils ont commencé à se déplacer, leur fourrure a changé en fonction du climat des pays où ils sinstallaient, cest comme cela qu aujourdhui, on a une grosse diversité dours : des noirs, des bruns, des rouges, des jaunes et des blancs. (Blanc - bleu et blanc - rouge par leurs idées.)
LOurs blanc est le plus grand et le plus puissant de toutes les ours. Il survit au froid à cause de son épaisse fourrure, constituée dun épais sous poil et de longs poils protecteurs, et le plus important, cest lépaisse couche de graisse quil sest créée en tuant des espèces plus faibles que lui. Cette graisse et ce feutre, (couverture tissée en poils dours) ont servi à sauver la vie à un ourtist, qui par la suite, en a montré les vertus en les exposant sous différentes formes.Les ours blancs : comme ce sont les plus puissants par leur force, grandeur, poil et graisse, essaient dimposer leurs culture, habitudes, mode de vie à dautres ours. (Exemple : lours blanc na plus besoin de pêcher ou de se faire piquer par les abeilles pour récolter du miel : il lui suffit daller à l oursmarché pour en avoir.) Mais certains ours ne sont pas daccord avec ça et ont formé des petits groupes que lon appelle Ourterr. Les ourterr se sont servis des moyens technologiques des ours blancs contre ces derniers, mais les ours blancs, en écrasant la plupart des ourterr ont montré encore une fois leur puissance par leur force, grandeur, long poil et leur graisse.
Texte de Astrit Greca
Astrit Greca vit et travaille en France, a fondé une famille au cur de ce pays..Comme tous les exilés, il oublie lentement, patiemment, jour après jour, ce qui fut sa culture. Il abandonne peu à peu sa langue maternelle même si ses parents résident toujours en Albanie.
Plus il oublie, plus il se souvient de détails, dinstants précis. Souvent dans les travaux dAstrit Greca, se mêlent des éléments dici et de là-bas. Là-bas, désignant un pays, un peuple, des us et coutumes malmenés en permanence par des occupations multiples, contradictoires, sans oublier les différentes religions, dogme aux traditions ancestrales qui établissent une identité :
«Ces albanais qui ne sont ni germains, ni latins, ni slaves, ni grecs, ni turcs»
(Nils Andersson, le monde diplomatique, juin 2002)Reste donc le langage des mains, un savoir-faire classique, lart du modelage avec les portraits, ces bustes qui veulent figer linstant et létat de quelquun ou de quelque chose, lart du moulage, le même objet reproduit jusquà la perte, comme dans la série « Bunker «
Ces différents écarts, cette douleur de lécartement fondent le travail, - après tout il nest pas aisé de passer des rudes utopies communistes au si réel esprit communautaire - un peu à limage de ces ours venus des pays de lest (animal sauvage et mythique par excellence) que lon introduit avec force et précaution dans nos espaces dits naturels et préservés.
Ces ours, monstres de force et de douceur qui oublient la douleur des piqûres pour connaître la saveur du miel.
Lorsque tout vole en éclat, que toutes les croyances, toutes les connaissances sentrechoquent, on se retrouve seul en même temps en même lieu que tout le monde, on rentre ainsi dans cette oeuvre fondamentale qui consiste à construire son histoire et à tenter de rencontrer celle des autres.uvre humaine, quotidienne, solitaire !
Jacques Malgorn, juin 2002